![]() |
|
|
|
Samedi 10 octobre 2026 Dans la joie de Marie L'Annonciation est le premier des mystères joyeux du rosaire : si la joie est "naturellement et nécessairement, dans l'âme à jamais bénie de Jésus, quelque chose de primordial, de fondamental et d'immuable" (Charles Gay), elle ne l'est pas moins dans l'âme de Marie, au point que "son esprit exulte en Dieu son Sauveur", et que "toutes les générations la proclameront bienheureuse". D'où viennent ces transports, cette sainte allégresse de Marie ? De ce que Dieu a jeté un regard sur la bassesse de sa servante. Elle n'était rien ; d'elle-même elle n'eût jamais rien été. Dieu l'a regardée ; et ce regard l'a faite tout ce qu'elle est. Jean-Nicolas Grou (1731-1803), L'intérieur de Marie Cette joie de Marie devient la nôtre, parce que Tout espoir, toute grâce, tout salut débordent sur nous de celle qui monte comblée de délices (Cant 8, 5). Elle est bien le jardin de délices que la brise céleste n’a pas seulement effleuré, mais tellement pénétré et investit, que ses parfums, c’est-à-dire les dons de la grâce, se répandent et se diffusent partout (Cant 4, 16). Enlevez ce soleil matériel qui illumine le monde, fera t-il encore jour ? Enlevez Marie, cette étoile de la mer, de l’océan immense et sans limite, que reste t-il, sinon l’obscurité de toutes parts, l’ombre de la mort, les plus épaisses ténèbres ? C’est pourquoi, du plus profond de nos cœurs, de toute l’affection de nos entrailles, de tous nos vœux, vénérons Marie, car telle est la volonté de Celui qui a voulu que nous ayons tout par Marie. Saint Bernard (1090-1153), Sermon pour la Nativité de la Vierge Et cette place de Marie comme dispensatrice de toute grâce nous invite à mettre Marie au cœur de notre prière : Dieu n'était pas hors d'état de nous verser la grâce sans la faire passer par Marie, s'il l'avait voulu, mais il a voulu nous donner un moyen de la faire descendre jusqu'à nous. Peut-être vos mains sont-elles pleines de sang, ou gâtées par des présents, parce que vous ne les en avez pas encore complètement débarrassées ? Ayez donc soin de lui présenter le peu que vous avez à lui offrir par les mains parfaitement pures et dignes de Marie, si vous voulez ne point essuyer un refus. Les mains de Marie sont des lis d'une éclatante blancheur, et le Dieu qui aime les lis (Cant 2, 16) ne se plaindra pas que ce que vous aurez placé entre les mains de Marie ne se trouve point au milieu des lis. Ainsi soit-il. Idem Ce qui est vrai de notre prière, l'est de toute notre vie chrétienne : loin de concurrencer Jésus, Marie est le plus court chemin pour nous unir à lui. C'est pourquoi, Qu'on ne s'imagine donc pas, avec quelques faux illuminés, que Marie étant créature, elle soit un empêchement à l'union au Créateur : ce n'est plus Marie qui vit, c'est Jésus-Christ seul, c'est Dieu seul qui vit en elle. Marie n'est faite que pour Dieu, et tant s'en faut qu'elle arrête une âme à elle-même ; au contraire elle la jette en Dieu et l'unit à lui avec d'autant plus de perfection que l'âme s'unit davantage à elle. Marie est l'écho admirable de Dieu, qui ne répond que “Dieu” lorsqu'on lui crie “Marie”, qui ne glorifie que Dieu lorsque, avec sainte Elizabeth, on l'appelle bienheureuse. Saint Louis-Marie Grignon de Montfort (1673-1716), Le Secret de Marie
L´Auteur : Grou (Jean-Nicolas, 1731-1803) Né à Calais, Jean-Nicolas Grou entre chez les jésuites à 15 ans. Brillant professeur de lettres, sa rencontre avec la visitandine Pélagie Lévêque l’ouvre à la mystique. La Révolution française l’exile en Angleterre à partir de 1792. Bernard (Saint, 1090-1153) De noble famille bourguignonne, Bernard entre au monastère de Cîteaux en 1112. Bientôt abbé de Clairvaux, il est à l'origine d'un prodigieux renouveau monastique en Occident. Son influence sur la spiritualité occidentale fut déterminante. Grignon de Montfort (Saint Louis-Marie, 1673-1716) Breton formé chez les Jésuites de Rennes, Louis-Marie fut l’homme des missions paroissiales de l’Ouest de la France, en même temps que l’auteur du Traité de la vraie Dévotion à la Sainte Vierge. ![]() |