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Dimanche 4 octobre 202627ème Dimanche du Temps Ordinaire L’entrée du Roi dans son royaumeLe Royaume de Dieu est au-dedans de nous, dit le Seigneur. C’est dans cet intérieur que le Souverain et le Maître absolu de toutes choses établit son empire, par l’anéantissement de ce qui est opposé à la divine volonté, et par l’assujettissement de ce que nous sommes, de ce que nous pouvons, et de ce que nous faisons : car c’est en ces choses que consiste le règne de Dieu. Il est vrai que l’aimable Jésus vit dans tous les cœurs animés de la grâce sanctifiante, mais il n’y règne pas ; car combien se passe-t-il de choses, dans la plupart de ces âmes, qui lui sont opposées ? Plusieurs se laissent aller à de fâcheux péchés véniels, sans s’en mettre beaucoup en peine, et c’est grande pitié de voir leurs esprits et leurs cœurs remplis de maximes et d’inclinations bien éloignées de celles de notre divin Roi, qui a paru visiblement parmi les hommes pour leur apprendre, selon la doctrine du grand Apôtre, non seulement à renoncer au monde, mais encore aux désirs du siècle. Nous avons donc besoin de grâces bien particulières pour être sans réserve et entièrement à l’adorable Jésus, afin que non seulement il vive, mais règne souverainement dans nos âmes. Or c’est une doctrine constante parmi les saints que l’oraison, et spécialement l’oraison mentale, est le moyen le plus efficace pour les obtenir ; et l’expérience fait assez voir que c’est le grand moyen dont Dieu se sert pour l’établissement de son règne. Henri-Martin Boudon (1624-1702), Le Règne de Dieu…, I, 1
Méditation Par où le Roi va-t-il entrer dans son royaume ? Par le plus profond de notre âme. À l’origine de notre vie mentale, au point que les maîtres appellent centre de l’âme, ou encore essence de l’âme, ou encore sommet, ou tout simplement esprit, nous sommes au contact de Dieu ; c’est de là qu’il nous maintient dans l’être, et de là encore qu’il nous inonde de sa grâce dès que nous le laissons envahir notre intelligence et notre volonté. Le laisser nous envahir, c’est se mettre en oraison. Ce mot, devenu courant pour désigner la prière silencieuse et recueillie, indique exactement le « bouche à bouche » (adora, en latin, d’où le français adorer) par lequel Dieu insuffle sa propre vie à Adam lors de sa création. Faire oraison, c’est retrouver cette attitude vitale qui permet à Dieu de pénétrer en nous, de pénétrer dans son royaume. Passer d’une vie chrétiennement correcte qui permet à Dieu de vivre en nous, à une vie qui va lui permettre de régner en nous, suppose que nous lui ouvrions toute grande cette porte du centre de notre âme, afin qu’il puisse nous envahir et dilater à sa propre taille notre capacité de le connaître et de l’aimer. Nous contentons-nous d’une vie chrétiennement correcte ? Nous accommodons-nous du péché et de l’imperfection comme si Dieu ne demandait pas plus ? En tout cas le temps et l’application que nous donnerons à la prière mesurera exactement notre progrès spirituel. La plupart des chrétiens reconnaissons-le prient fort peu ; c’est pourtant là qu’est le plus décisif d’une vie chrétienne. Examinons donc l’équilibre de nos journées : réservent-elles du temps à l’intimité avec Dieu ? Avons-nous sérieusement appris à prier ? Ne laissons le Seigneur à la porte de notre âme. L´Auteur : Boudon (Vénérable Henri-Martin, 1624-1702) Disciple de Jean de Bernières-Louvigny, prédicateur, archidiacre du diocèse d’Evreux, il en réforme le clergé et laisse une œuvre spirituelle de premier ordre. ![]() |