Mardi 24 mars 2026

En communion de vie divine

La communion des saints est un autre nom de l’Église :

Tous les saints nous aiment, tous nous veulent du bien, tous nous en font dans une mesure qu’il ne tient qu’à nous d’élargir sans cesse. On ne se tient pas à l’écart les uns des autres au royaume de l’amour ; jamais on ne s’y récuse. Il s’y trouve certainement des diversités infinies d’états, d’opérations, d’influences, mais rien n’y reste oisif, tout y agit, et y agit de concert.

Le Sacré Cœur de Jésus y donne le branle à tous ; tous les cœurs y battent comme le sien, avec le sien, et vraiment dans le sien. Ce Cœur divin est l’unité, la vie et l’ardeur de ces cœurs. Jésus vous aime : donc, tous les habitants du ciel vous aiment ; non seulement les saints canonisés, mais tous les saints ; non seulement ceux dont vous connaissez la vie ou le nom, mais ceux-là même dont vous ne soupçonnez pas l’existence : c’est bien assez pour cela qu’ils vous connaissent, et surtout qu’ils connaissent Jésus.

Saint Paulin de Nole écrivait à saint Augustin ces mots : « Ce n’est pas une merveille si, séparés l’un de l’autre, nous sommes cependant si présents l’un à l’autre, et si, ne nous étant jamais vus, néanmoins nous nous connaissons. Car enfin nous sommes tous les deux membres d’un même corps, nous avons la même tête, la même grâce coule sur nous, un même pain fait notre nourriture ; nous marchons dans le même chemin, nous demeurons au même séjour. » Si c’est vrai de la terre à la terre, combien plus du ciel à la terre ?

Charles Gay, Le Ciel, le Purgatoire, la Terre

Parce que nous sommes tous membres du corps du Christ, chacun d’entre nous contribue à la vie de ce corps : l’intercession des saints n’ajoute pas à l’œuvre du Christ, unique Sauveur, mais elle la propage à travers tout son corps qu’est l’Église.

Ne crois pas que les élus jouissent seuls, de leur bonheur particulier ; il est partagé par tous les heureux habitants du ciel, par les anges et par mes enfants bien-aimés. Dès qu’une âme parvient à la vie éternelle, tous participent au bonheur de cette âme, et cette âme participe au bonheur de tous. La coupe de leur bonheur ne s’agrandit pas et elle n’a pas besoin d’être remplie, car elle est pleine et ne peut plus dilater ses bords ; mais leur joie, leur félicité, leur ivresse s’augmentent à la vue de cette âme ; ils voient que ma miséricorde l’a sauvée de la terre par la plénitude de la grâce, et ils se réjouissent en moi du bonheur que cette âme a reçu de ma bonté.

Cette âme est heureuse en moi, dans les âmes et dans les esprits bienheureux, parce qu’elle voit et goûte en eux la bonté et la douceur de ma charité. Leurs désirs s’élèvent toujours vers moi pour le salut du monde ; leur vie a fini dans l’amour du prochain, et cet amour ne les a pas quittés ; ils conservent et conserveront ce lien de l’amour, que n’a pas brisé la mort.

Sainte Catherine de Sienne, Dialogue XLI

L´Auteur :

Gay (Charles, 1815-1892)

Figure exemplaire du retour à l’Église catholique des grandes familles bourgeoises après la Révolution française, Charles Gay sera évêque auxiliaire de Poitiers aux côtés du cardinal Pie.

Catherine de Sienne (Sainte, 1347-1380)

Fille du petit peuple de Sienne, connaissant dès son enfance une vie mystique exubérante, Catherine interpelle avec véhémence les grands de ce monde, provoquant le retour du pape d’Avignon à Rome.