Samedi 12 septembre 2026

Un petit portrait de Marie

    On ne chantera jamais trop les bienfaits de rester dans sa cellule, ni les méfaits d’en sortir ! Garder la cellule, c’est garder sa langue : on n’y dit aucune médisance, on n’y entend aucun bruit, on n’y voit aucune vanité, on n’y est distrait par aucune futilité.

    Que fait le bon habitant de la cellule ? Il lit, il prie, il gémit, il médite, il écrit, il corrige les livres ou s’occupe à quelque autre bonne chose. Qui habite sa cellule est citoyen du ciel, ami de Dieu, compagnon des anges ; il connaît les secrets et comprend les choses d’en-haut ; il est victorieux des tentations et pourchasse les démons ; il fait la guerre aux vices et dédaigne les mondanités ; il ignore les soucis et possède le repos ; il apporte la paix, il aime les Écritures, il contemple la vérité, il goûte la pureté, il prie continuellement, il met en ordre les saintes méditations et jette les autres.

    Pense qu’il n’y a que Dieu et toi en ce monde, et tu trouveras la paix en ton cœur ; rappelle-toi que l’Ange a trouvé Marie tandis qu’elle priait dans sa chambre, et non pendant qu’elle parlait avec les hommes au dehors. Car celui qui veut connaître les secrets d’en-haut, il lui faut s’éloigner des hommes.

    Relis cela de temps en temps, pour que grandisse en toi la douceur d’habiter ta cellule !

Thomas a Kempis (1379 ?-1471), De la discipline du cloître, VII

MÉDITATION

   Donnons la priorité à notre vie intérieure. La Vierge Marie a parfaitement vécu cet équilibre chrétien, rendant possible l’œuvre du Christ, résumée dans le mystère de l’Incarnation « L’Ange a trouvé Marie tandis qu’elle priait dans sa chambre, et non pendant qu’elle parlait au dehors. »

    Nous trouvons mille prétextes pour fuir le recueillement, et au fond, nous pensons que cultiver notre vie intérieure est facultatif, ou presque. Marie, Jésus, Joseph et tous les saints nous auront montré le contraire. Installons donc dans nos journées les moyens d’une véritable intimité avec le Christ.

L´Auteur :

Thomas a Kempis (1379 ?-1471)

Né au nord de Cologne, Thomas passe son adolescence à Deventer, foyer de la "Dévotion moderne". Entré vers 1400 chez les chanoines réguliers du Mont-Sainte-Agnès, près de Zwolle (une des maisons de la très importante congrégation de Windesheim, dans la filiation de Ruusbroec), c'est comme maître des novices que Thomas y rédige des milliers de pages de méditation et de pédagogie intérieure.