Mercredi 14 octobre 2026

Saint Calixte Ier

Pape (16e) de 217 à 222 (+ 222)

Confession et croissance chrétienne

Par la confession, vous ne recevrez pas seulement l’absolution des péchés véniels que vous confesserez, mais aussi une grande force pour les éviter à l’avenir, une grande lumière pour les bien discerner, et une grâce abondante pour réparer toute la perte qu’ils vous avaient apportée. Vous pratiquerez la vertu d’humilité, d’obéissance, de simplicité et de charité, et en cette seule action de confession, vous exercerez plus de vertu qu’en nulle autre.

Ayez toujours un vrai déplaisir des péchés que vous confesserez, pour petits qu’ils soient, avec une ferme résolution de vous en corriger à l’avenir. Beaucoup se confessant par coutume des péchés véniels et comme pour se mettre en règle, sans penser nullement à s’en corriger, en demeurent toute leur vie chargés, et par ce moyen perdent beaucoup de biens et profits spirituels. Si donc vous vous confessez d’avoir menti, quoi que sans avoir fait de tort à personne, ou d’avoir dit quelque parole déréglée, ou d’avoir trop joué, repentez-vous-en et ayez un ferme propos de vous en amender ; car c’est un abus de se confesser de quelque sorte de péché que ce soit, mortel ou véniel, sans vouloir s’en purger, puisque la confession n’est instituée que pour cela.

Saint François de Sales (1567-1622), Introduction à la vie dévote, II, 19

Méditation

Se confesser après une vraie rupture ou un abandon de vie chrétienne prend la forme d’une réconciliation avec Jésus-Christ ; et il est heureux que depuis la dernière réforme de la liturgie de ce sacrement (1974), son titre exacte soit «Sacrement de pénitence et réconciliation».

Mais sans doute plus fréquemment, c’est l’aspect «pénitence» qui dominera : non pas une reprise, mais un renforcement de notre vie chrétienne. Et apporter au sacrement nos péchés «véniels» c’est reformuler l’attachement inconditionnel à Jésus-Christ que nous avons professé lors de notre baptême.

Comment bien se confesser dans ce second cas ? Non pas en piochant ici ou là dans l’interminable catalogue de nos faiblesses quotidiennes, mais en présentant à l’absolution celles qui entraînent les autres.

L´Auteur :

François de Sales (Saint, 1567-1622)

Noble savoyard, après une éducation de gentilhomme et de juriste à Paris et à Padoue, entre dans les ordres et ramène au catholicisme le nord de la Savoie. Évêque de Genève en 1602, il réside en fait à Annecy, et réforme son diocèse dans l’esprit du Concile de Trente. En 1610, il fonde la Visitation avec Jeanne de Chantal. L’activité pastorale épuisante de François de Sales reposait sur une vie intérieure des plus riches, dont témoignent autant son enseignement «grand public» (dans l’Introduction à la Vie dévote et dans sa correspondance) que son magistral Traité de l’Amour de Dieu. Directeur spirituel, prédicateur, diplomate, écrivain… : un des maîtres absolus de la contre-réforme catholique !