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Vendredi 30 octobre 2026
Saint Ange
Une confiance absolue
Que la confiance que nous avons en Dieu l’honorait beaucoup, et nous attirait de grandes grâces. Qu’il était impossible, non seulement que Dieu trompât, mais même qu’il laissât longtemps souffrir une âme tout abandonnée à lui, et résolue de tout endurer pour lui. Qu’il était parvenu à n’avoir plus de pensée que de Dieu, et quand il s’en voulait élever quelque autre ou quelque tentation, il les sentait venir, et que l’expérience qu’il avait du prompt secours de Dieu faisait que quelquefois il les laissait avancer, et lorsqu’il était temps, s’adressant à Dieu, elles s’évanouissaient au plus tôt.
Que sur cette même expérience, quand il avait quelque affaire extérieure, il n’y pensait point par avance, mais que dans le temps nécessaire à l’action, il trouvait en Dieu comme dans un clair miroir ce qu’il était nécessaire qu’il fît pour le temps présent. Que depuis quelque temps il avait agi de la sorte sans aucun soin anticipé ; qu’avant cette expérience du prompt secours de Dieu dans ses affaires, il y employait sa prévoyance. Qu’il n’avait aucune mémoire des choses qu’il faisait et presque point d'advertance lors même qu’il s’y occupait : qu’en sortant de table il ne savait ce qu’il avait mangé ; mais qu’en agissant dans la simplicité de sa vue, il faisait tout pour l’amour de Dieu, lui rendait grâces de ce qu’il avait dirigé ses œuvres, et une infinité d’autres actes ; mais le tout très simplement, d’une manière qui le tenait attaché à la présence amoureuse de Dieu.
La Pratique de la présence de Dieu, Frère Laurent de la Résurrection, « Deuxième entretien, 28 septembre 1666 »
L´Auteur :
Laurent de la Résurrection (1614-1691)
Né près de Lunéville, Nicolas Herman connut d'abord comme soldat les affres de la guerre de Trente Ans. Blessé à Rambervilliers en 1635, il décide de se consacrer à Dieu et entre comme convers au couvent carme parisien de la rue de Vaugirard, où il reçoit le nom de Laurent de la Résurrection. "Le Frère Laurent est grossier par nature et délicat par grâce", dira de lui Fénelon. Simple par son origine, son éducation et son caractère, sa spiritualité toute en rondeur et bonhomie va aux dernières conséquences d'un abandon irrévocable à la bonté divine. Il nous laisse peu d'écrits, mais sa personnalité incontestable fut un repère pour bien des âmes déchirées entre quiétisme et jansénisme dans le tout-Paris mystique de la fin du XVIIe siècle.
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