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Samedi 26 septembre 2026 Saint Noël Chabanel Prêtre de la Compagnie de Jésus et martyr (+ 1649) Le sacerdoce royal du baptisé Quoique l’ensemble de l’Église de Dieu se répartisse en des ordres distincts les uns des autres, de telle sorte que ce corps sacré conserve son intégrité tout en étant formé de membres différents, nous sommes un dans le Christ, comme le dit saint Paul (I Co 12, 13) ; et la fonction de chaque membre ne le sépare jamais d’un autre, au point que l’humble condition d’une partie empêcherait sa cohésion avec la tête de ce corps. Et donc, dans l’unité de la foi et du baptême, il n’y a pas de différence entre nous dans notre vie commune, et il y a une même dignité pour tous, comme le dit le bienheureux apôtre Pierre par cette sainte parole : « Comme des pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ » ; et plus loin : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté. » (I Pi 2, 5, 9) En effet, le signe de la croix fait des rois de tous ceux qui sont régénérés dans le Christ, et l’onction de l’Esprit les consacre comme prêtres. Si bien qu’indépendamment du service particulier de notre ministère, tous les chrétiens doivent savoir que selon l’esprit et la raison, ils sont de race royale et de dignité sacerdotale. Qu’y a-t-il, en effet, d’aussi royal qu’un esprit soumis à Dieu et maître de son corps ? Et d’aussi sacerdotal que de consacrer au Seigneur une conscience pure, et de lui offrir les victimes immaculées de la piété sur l’autel de son cœur ? Saint Léon le Grand († 461), Sermon 4
Méditation Tout chrétien est parfaitement fils de Dieu, autant que Jésus lui-même. Dès lors, les différences entre chrétiens ne sont pas essentielles, et contribuent à l’harmonie de l’Église dans la diversité de ses multiples composantes humaines ; et il n’y a de hiérarchie dans l’Église que comme hiérarchie de service, pour permettre à chacun l’épanouissement de sa vocation propre. Au jour de son baptême, le chrétien est marqué de la croix et du saint-chrême parce qu’il participe à la royauté et au sacerdoce du Christ : le Christ est roi parce que toute la création est par lui, en lui et pour lui, et il est prêtre parce qu’il exerce cette royauté universelle en l’offrant à son Père. Si bien que la moindre action du chrétien, du fait de son union au Christ, a cette portée royale et sacerdotale. Prenons conscience de cette valeur sacrée de nos actes : rien n’est neutre pour un chrétien, tout est destiné à construire l’Église, royaume de Dieu sur terre. L´Auteur : Léon le Grand (Saint, † 461) Toscan d’origine, Léon est élu pape en 440, au moment où l’Empire romain est chancelant. Il devra souvent en assumer les charges civiles, ce qui contribue à la très forte affirmation de la primauté du pape sous son pontificat, notamment face à Byzance en train de prendre son autonomie politique et religieuse par rapport à l’Occident. L’autorité de saint Léon s’affirme également face aux hérésies nestoriennes (séparant Dieu et l’homme en prêtant une double personnalité au Christ) et pélagienne (attribuant à l’homme un rôle décisif dans son salut, là où seule la grâce de Dieu le lui mérite). Le concile de Chalcédoine (451) marque définitivement la place de l’évêque de Rome dans les questions doctrinales. Les sermons et les lettres de saint Léon auront une profonde influence sur le moyen-âge, notamment dans la conscience que la papauté aura d’elle-même comme fondement de la civilisation chrétienne. Son titre de «grand», qu’il partage avec saint Grégoire, souligne son rôle dans la naissance de cette civilisation. ![]() |