Mercredi 11 février 2026

Demander ou remercier ?

"Priez sans cesse et soyez toujours dans l'action de grâce", nous dit l'Apôtre. Oui, que notre sainte affection trouve autant d'occasions de refluer continuellement en Dieu par la prière et l'action de grâce que nous avons de nécessités et de consolations, ou que nous compatissons à celles du prochain.

Pour nos demandes, donc, il nous faut prier avec piété et fidélité, mais sans nous attacher avec obstination au résultat : ce n'est pas nous, mais notre Père qui est aux cieux, qui sait ce qui nous est nécessaire dans nos affaires temporelles.

Dans nos supplications, en revanche, il nous faut insister, mais en toute humilité et patience, car elles ne porteront pas de fruit si ce n'est dans cette patience… Il arrive, en effet, que ce ne soit pas sans épreuve que celui qui demande reçoive, que celui qui cherche trouve, et qu'il soit ouvert à celui qui frappe : c'est dans sa persévérance à supplier qu'il mérite de trouver les consolations et les douceurs de la prière.

Guillaume de Saint-Thierry (1085-1148), Lettre aux Frères du Mont-Dieu, §181-183

MÉDITER LE NOTRE PÈRE

Nous avons autant d’occasions de remercier Dieu que de lui exprimer nos besoins. En réalité, il n’y a pas de différence fondamentale entre demander et recevoir sa volonté, et toute prière est à la fois imploration et action de grâce.

Dès lors quel que soit le résultat visible de nos prières, qu’il nous suffise qu’elles nous aient mis en relation à Dieu : elles n’ont d’autre but que cette communion de vie avec lui, qui définit tout notre bonheur.

La persévérance dans la prière est un autre nom de la fidélité dans l’amour de Dieu. Il ne s’agit pas de faire fléchir la volonté divine, mais de lui ajuster la nôtre, en allant jusqu’au bout de ses exigences et de l’abandon à sa grâce.

VIVRE LE NOTRE PÈRE

Dieu me fait parfois des cadeaux sont je me serais volontiers passé. Au lieu de me plaindre lorsqu’arrive une épreuve, et au-delà de la douleur que j’éprouve, je le remercierai sincèrement, dans la certitude que « tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu. » (Ro 8, 28)

L´Auteur :

Guillaume de Saint-Thierry (1085-1148)

Né à Liège, abbé bénédictin de Saint-Thierry dans la Marne, avant de passer à la réforme cistercienne comme simple moine à l’abbaye de Signy, il est un grand ami et biographe de saint Bernard. C’est sous le nom de ce dernier que nous parviendra une partie de son œuvre, et sa Lettre d’Or restera le manuel de référence de la spiritualité monastique jusqu’à la Renaissance.