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Dimanche 4 janvier 2026 Épiphanie Une vie chrétienne lumineuse La prière de ce jour : Accorde-nous, Seigneur, d'être conduits jusqu'à la claire vision de ta splendeur. Tout le temps de Noël nous aura conduits de lumière en lumière : à mesure de notre recueillement, nous entrons peu à peu dans le secret de Dieu, comme Marie qui, à la crèche, « gardait tous ces événements dans son cœur et qui les méditait » (Lc 2, 51). La vie chrétienne, si elle est fidèle à ce recueillement, devient lumineuse : Quelle est donc cette douceur qui parfois, lorsque je songe à mon amour, me touche et m’attache avec tant de véhémence et de suavité ? Ma conscience est ensoleillée, j’oublie la peine de toutes mes misères passées, mon esprit exulte, mon intelligence s’éclaire, mon cœur s’illumine ; il y a là, à l’intérieur, quelque chose que mon amour tient embrassé, et je ne sais ce que c’est, et cependant je voudrais de toutes mes forces le retenir et ne le perdre jamais. Est-ce lui, mon Bien-Aimé ? Dis-le-moi, je t’en prie, pour que je sache si c’est lui ; s’il vient encore à moi, je le supplierai de ne pas se retirer, de demeurer toujours. – En vérité, c’est lui, c’est ton Bien-Aimé qui te visite. Mais il vient invisible, il vient caché, il vient insaisissable. Ces visites incessantes qui te raniment pour que tu ne fléchisses pas, c’est en attendant le ciel, la consolation de son absence. Hugues de Saint-Victor, De arrha animae Et en devenant lumineuse, la vie chrétienne illumine : « vous êtes la lumière du monde », dira Jésus à ses disciples. En ce jour de l’Épiphanie, c’est le secret de toute évangélisation : Notre doux Maître vaquait la nuit à cet exercice d’union avec son Père, afin de pouvoir prêcher pendant le jour. C’était pour nous apprendre par son exemple comment, de l’union avec Dieu, nous devons aller au salut des âmes. Les Apôtres ne s’occupaient que de deux choses : l’oraison par laquelle ils s’unissaient à Dieu, et la prédication par laquelle ils convertissaient les âmes. Ainsi uni à la Sagesse divine, l’ouvrier du salut des âmes puise continuellement à cette source vive la très haute et sublime Doctrine de l’Esprit. Elle a en elle Jésus-Christ, Soleil de la vraie Sagesse, et cette union la rend toute spirituelle, apte à discerner toutes choses. Elle est au-dessus de toutes les ténèbres de la sagesse et de la vanité mondaines ; elle est détachée de ses propres conceptions et libre de toute attache, de manière à ne prêcher point ce qu’elle veut et qui semble beau et juste à la lumière naturelle, mais la seule doctrine de Jésus-Christ, et de Jésus-Christ crucifié et ressuscité. C’est là la faute ordinaire que commettent, au préjudice des âmes, les prédicateurs et ceux qui les gouvernent : ils prêchent et parlent le plus souvent selon leurs propres lumières, inutiles et inefficaces pour convertir les âmes. Séverin Rubéric, La Voie d’Amour
L´Auteur : Hugues de Saint-Victor (1096-1141) D’une noble famille de Saxe, Hugues prit la tête de l’abbaye canoniale parisienne de Saint-Victor, suivant la règle de saint Augustin, foyer de la culture humaniste et patristique du XIIe siècle, lui conférant un rayonnement exceptionnel. Rubéric (Séverin, XVIIe siècle) On ignore à peu près tout de ce religieux récollet (réforme franciscaine française de la fin du XVIe siècle), sinon que son ministère se déroula dans la province de Guyenne, alors plus protestante que catholique, et qu’il y fut apprécié comme prédicateur. Il nous reste de lui deux ouvrages spirituels, aujourd’hui presque introuvables, qui révèlent un grand mystique dans la ligne de saint Bonaventure. ![]() |