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Lundi 26 octobre 2026
Saint Demetrius
Cultiver la présence de Dieu
Ce fut par la fidélité à cultiver dans son cœur cette haute présence de Dieu, considérée par la foi, que commença le frère Laurent ; il s’entretenait par des actes continuels d’adoration, d’amour, d’invocation du secours de notre Seigneur dans ce qu’il avait à faire ; il le remerciait après l’avoir fait, il lui demandait pardon de ses exigences en les avouant, comme il disait, sans plaider avec Dieu ; et comme ces actes étaient ainsi liés à ses occupations et que celles-ci lui en fournissaient la matière, il les faisait avec plus de facilité, et, bien loin de les détourner de son ouvrage, ils l’aidaient à le bien faire. Il confesse pourtant qu’il y avait eu de la peine d’abord, qu’il avait été des temps considérables sans se souvenir de son exercice, mais qu’après avoir humblement avoué sa faute, il le reprenait sans trouble. Quelquefois une foule de pensées extravagantes prenaient avec violence la place de son Dieu, et il se contentait de les écarter doucement pour revenir à son entretien ordinaire.
Enfin, sa fidélité mérita d'être récompensée d’un souvenir continuel de Dieu. Ses actes différents et multipliés furent changés en une vue simple, en un amour éclairé, en une jouissance sans interruption. « Le temps de l’action, disait-il, n’est point différent de celui de l’oraison ; je possède Dieu aussi tranquillement dans le tracas de ma cuisine, où quelquefois plusieurs personnes me demandent en même temps des choses différentes, que si j’étais à genoux devant le Saint-Sacrement. Ma foi même devient quelquefois si éclairée que je crois l’avoir perdue ; il me semble que le rideau de l’obscurité est tiré, que le jour sans fin et sans nuage de l’autre vie commence à paraître. » C’est où avait conduit notre bon Frère la fidélité qu’il avait eue à rejeter toute autre pensée pour vaquer à un entretien continuel avec Dieu ; et il se l’était rendu à la fin si familier, qu’il disait qu’il lui était comme impossible de s’en détourner, pour s’occuper d’autre chose.
La Pratique de la présence de Dieu, Frère Laurent de la Résurrection, « Mœurs et entretiens du Frère Laurent de la résurrection »
L´Auteur :
Laurent de la Résurrection (1614-1691)
Né près de Lunéville, Nicolas Herman connut d'abord comme soldat les affres de la guerre de Trente Ans. Blessé à Rambervilliers en 1635, il décide de se consacrer à Dieu et entre comme convers au couvent carme parisien de la rue de Vaugirard, où il reçoit le nom de Laurent de la Résurrection. "Le Frère Laurent est grossier par nature et délicat par grâce", dira de lui Fénelon. Simple par son origine, son éducation et son caractère, sa spiritualité toute en rondeur et bonhomie va aux dernières conséquences d'un abandon irrévocable à la bonté divine. Il nous laisse peu d'écrits, mais sa personnalité incontestable fut un repère pour bien des âmes déchirées entre quiétisme et jansénisme dans le tout-Paris mystique de la fin du XVIIe siècle.
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