Mardi 6 octobre 2026

« Délivre-nous du mal ! »

« Homicide dès l’origine, menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44), « le Satan, le séducteur du monde entier » (Ap 12, 9), c’est par lui que le péché et la mort sont entrés dans le monde et c’est par sa défaite définitive que la création toute entière sera libérée du péché et de la mort.

En demandant d’être délivrés du Mauvais, nous prions également pour être libérés de tous les maux, présents, passés et futurs, dont il est l’auteur ou l’instigateur. Dans cette ultime demande, l’Église porte toute la détresse du monde devant le Père. Avec la délivrance des maux qui accablent l’humanité, elle implore le don précieux de la paix et la grâce de l’attente persévérante du retour du Christ. En priant ainsi, elle anticipe dans l’humilité de la foi la récapitulation de tous et de tout en Celui qui « détient la clef de la Mort et de l’Hadès » (Ap 1, 18), « le Maître de tout, qui est, qui était et qui vient » (Ap 1, 8).

Catéchisme de l’Église catholique, n° 2852 à 2854

Pleurer quand on a mal !

Jamais Dieu ne permet à ses serviteurs le mal, qu'il ne leur envoie la provision nécessaire et la patience proportionnée à leurs maladies. Jetez votre cœur entre ses bras et confiez-vous en sa providence. C'est une chose qui n'a jamais été entendue en la maison de Dieu, que personne ait été chargé par dessus ses forces : sa fidélité est trop grande, sa charité paternelle est trop tendre ; les entrailles de ses divines miséricordes ne donnent jamais pouvoir aux maladies qu'au préalable l'esprit ait plus de force qu'il ne lui en faut pour tenir tête au mal et lui mettre le pied sur la gorge.

Ces grands cris qui vous échappent ne sont pas toujours des voix d'impatience, mais une décharge de la douleur. Ces fâcheux consolateurs qui ne vous permettent point de jeter un soupir en vos martyres, sont un peu importuns, traitant avec des hommes de chair comme avec des statues de bronze. Non, non, criez hardiment et donnez de l'air à votre cœur par vos soupirs, mais à la condition que vous protesterez que ce n'est point par impatience, mais pour soulager un peu votre mal ; contraignez votre langue à jeter de bons cris, comme celui de Job : Dieu me l'avait donné, Dieu me l'a ôté, son saint nom soit béni !

Etienne Binet (1569-1639), Consolation et réjouissances..., ch. 2

MÉDITER LE NOTRE PÈRE

Les épreuves nous font peur avant qu’elles n’arrivent, parce que nous comptons sur nous-mêmes pour les surmonter. Autrement dit, nous voyons ce que Dieu nous demande sans voir ce qu’il nous donne. Or, « c’est une chose qui n’a jamais entendue en la maison de Dieu, que personne ait été chargé par dessus ses forces ».

Ne nous culpabilisons pas de nous sentir faibles et de pleurer ou crier de douleur. C’est là une réaction toute naturelle, qui n’empêche en rien l’acceptation de la volonté de Dieu. Les saints ne sont pas des surhommes, mais des hommes qui ont laissé le Christ habiter leur douleur : « La force de Dieu se déploie dans la faiblesse. » (II Co 12, 9)

VIVRE LE NOTRE PÈRE

Crier de douleur est tout à fait permis ; se plaindre filialement à Dieu aussi ; mais empoisonner son entourage en se plaignant à tout propos est gaspiller l’occasion que Dieu nous donne de sortir de nous-mêmes. Je trouverai aujourd’hui une occasion de supporter avec le sourire une petite ou une grande contrariété.

L´Auteur :

Binet (Etienne, 1569-1639)

Jésuite né à Dijon, condisciple à Paris et ami de saint François de Sales, il lui sera associé dans les débuts de la Visitation dans la capitale. Ses nombreux ouvrages d’éducation spirituelle au ton enjoué, sont tout à fait dans la ligne salésienne d’une sainteté à la portée de tous.