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Dimanche 13 septembre 2026 24e Dimanche du Temps ordinaire Un amour "paternellement maternel" Vous demandez, ma très chère Fille, si Notre Seigneur pense à vous et s'il vous regarde avec amour ? Oui, ma très chère Fille, il pense à vous, et non seulement à vous, mais au moindre cheveu de votre tête (Mt 10, 30) ! Et que Dieu vous regarde avec amour, vous n'avez nul sujet d'en douter : car il voit amoureusement les plus horribles pécheurs du monde, pour peu de vrai désir qu'ils aient de se convertir. Et si vous regardez son cœur, il sera impossible qu'il ne vous plaise, car c'est un cœur si doux, si suave, si condescendant, si amoureux des chétives créatures, pourvu qu'elles reconnaissent leur misère, si gracieux envers les misérables, si bon envers les pénitents ! Et qui n'aimerait ce cœur royal, paternellement maternel envers nous ? C'est assez, ma très chère Fille. Vivez joyeuse : Notre Seigneur vous regarde, et vous regarde avec amour, et avec d'autant plus de tendresse que vous avez de faiblesse. Ne permettez jamais à votre esprit de nourrir volontairement des pensées contraires ; et quand elles vous arriveront, ne les regardez point elles-mêmes, détournez vos yeux de leur fausseté, et tournez-vous vers Dieu avec une courageuse humilité, pour lui parler de sa bonté ineffable par laquelle il aime notre chétive, pauvre et misérable nature humaine, malgré ses infirmités. Saint François de Sales, Lettre du 18 février 1618 à la sœur de Blonay
Méditation Notre Seigneur pense à vous, et non seulement à vous, mais au moindre cheveu de votre tête ! Toute la vie chrétienne dépend de la prise de conscience de cet amour sans limite de Dieu pour chacun de ses enfants. La conversion à laquelle l’Évangile nous invite, ne consiste pas en une somme d’efforts pénibles pour mériter la bienveillance de Dieu, mais en cette acceptation d’être aimé inconditionnellement par notre Père ; elle tient en un seul mot : abandon, mais abandon entre les bras et sur le cœur paternellement maternel de Celui qui nous aime plus que lui-même. « Mais je suis pécheur ! » objectera-t-on. Dieu ne regarde pas, ne voit même pas, le péché, et s’il voit amoureusement les plus horribles pécheurs du monde, ce n’est pas pour les punir, mais pour les guérir. Les crucifix placés dans nos maisons ou sur nos routes sont là pour nous le répéter des milliers de fois : Jésus a payé les conséquences de notre péché ; dès lors, le péché ne serait plus qu’un mauvais prétexte pour nous empêcher d’aimer Dieu. Que notre temps de prière soit celui de la confiance retrouvée : Ne permettez jamais à votre esprit de nourrir volontairement des pensées contraires. L´Auteur : François de Sales (Saint, 1567-1622) Noble savoyard, après une éducation de gentilhomme et de juriste à Paris et à Padoue, il entre dans les ordres et ramène au catholicisme le nord de la Savoie. Évêque de Genève en 1602, il réside en fait à Annecy, et réforme son diocèse dans l’esprit du Concile de Trente. En 1610, il inaugure une nouvelle forme de vie consacrée en fondant la Visitation avec Jeanne de Chantal. L’activité pastorale épuisante de François de Sales reposait sur une vie intérieure des plus riches, dont témoignent autant son enseignement « grand public » (dans l’Introduction à la Vie dévote et dans sa correspondance) que son magistral Traité de l’Amour de Dieu. Directeur spirituel, prédicateur, diplomate, écrivain… : un des maîtres absolus de la contre-réforme catholique ! ![]() |