Lundi 14 septembre 2026

Fête de la Croix glorieuse

"Que personne ne craigne d'être repoussé..."

Jésus a été doux quand il inclina la tête et rendit le dernier soupir ; doux, quand il étendit les bras ; doux, quand son côté fut ouvert par la lance ; doux, quand ses deux pieds furent percés d'un clou.

Doux, quand il étendit les bras. En étendant les bras, il nous montre qu'il désire ardemment nous serrer contre son Cœur, et je crois l'entendre nous dire : Ô vous qui êtes fatigués et qui portez le poids du jour, venez réparer, sur ma poitrine et au sein de mes embrassements, vos forces épuisées. Regardez, je suis prêt : mes bras peuvent vous contenir tous. Venez donc sans exception, et que personne ne craigne d'être repoussé. Je ne veux pas la mort du pécheur, mais plutôt qu'il se convertisse et qu'il vive ; mes délices les plus chères sont d'habiter avec les enfants des hommes.

Doux, quand son côté fut ouvert par la lance. Cette blessure ne nous a-t-elle pas révélé les trésors infinis de sa bonté, c'est-à-dire toute la charité de son Cœur pour nous ?

Ô Jésus débonnaire ! Maître si humble, Maître si compatissant, vous êtes doux à notre cœur, doux à notre bouche, doux à notre oreille. Votre suavité surpasse toute mesure et toute expression...

Saint Anselme, Méditation X sur la Passion du Christ

Méditation

"Jesu, dulcis memoria… nil cogitatur dulcius quam Jesus Dei Filius…" chante l'Eglise devant Jésus crucifié : "Jésus dont le souvenir est si doux… rien n'est plus doux que de penser à Jésus Fils de Dieu." Jésus nous aime "passionnément" : ne le fuyons pas dans sa Passion.

La Passion de Jésus est pour convertir en amour toutes nos épreuves : "venez réparer, sur ma poitrine et au sein de mes embrassements, vos forces épuisées." Il est toujours devant la croix, pour qu'elle ne nous fasse plus peur, et redevienne l'arbre de vie du paradis perdu.

Quelle est mon attitude profonde dans l'épreuve ? L'éviter à tout prix ? Ou bien m'abandonner à Dieu et "me serrer contre son Cœur"?

L´Auteur :

Anselme (Saint, 1033-1109)

Né à Aoste en Italie, Anselme devient abbé du Bec-Hellouin en Normandie, puis archevêque de Cantorbéry en 1093, d'où il connut l'exil pour sa défense des droits de l'Église. Dans la tradition de saint Augustin, il associe culture et vie spirituelle, représentant la meilleure théologie monastique un siècle avant la naissance des universités urbaines.