Samedi 21 mars 2026

Laisser l’Esprit Saint vivre en nous

L’Esprit Saint unit le Père et le Fils, et en même temps naît de leur union, ce qui fait dire, dans le Credo de Nicée, plus développé que le symbole baptismal, qu’il « procède » du Père et du Fils. C’est pourquoi nous ne le saisirons jamais autrement que dans l’expérience vivante que nous en faisons :

Souvenez-vous que vous êtes rempli de l’Esprit de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et que c’est cet Esprit Saint qui veut être lui seul le principe et la fin de tous vos désirs, de toutes vos affections, de tous les mouvements et tendances de votre âme. N’ayez donc plus de vie propre, mais laissez-le vivre seul en vous. Ne cherchez rien et n’ayez aucun mouvement par vous-même, mais que lui seul soit l’unique vie et l’unique mouvement de votre âme. Il faut que nous soyons morts entièrement à nous et à toutes choses ; et alors notre vie sera cachée en Dieu avec Notre-Seigneur, à qui nous serons intimement unis par toutes les puissances de notre âme ; celle-ci étant entièrement vide des créatures et d’elle-même, l’Esprit de Notre-Seigneur sera l’unique vie en elle.

François Libermann, Lettre du 22 octobre 1836

Et c’est ainsi que notre vie spirituelle, c’est-à-dire notre vie dans l’Esprit Saint, va grandir et nous porter peu à peu à la « plénitude de l’âge adulte dans le Christ » (Eph 4, 13) :

Quand une âme s’est abandonnée à la conduite du Saint-Esprit, il l’élève peu à peu et la gouverne. Au commencement, elle ne sait où elle va, mais peu à peu la lumière intérieure l’éclaire et lui fait voir toutes ses actions et le gouvernement de Dieu en ses actions, de sorte qu’elle n’a presque autre chose à faire que de laisser faire Dieu en elle, et par elle, ce qu’il lui plaît ; ainsi elle s’avance merveilleusement.

Louis Lallemant, Doctrine spirituelle

Ô Esprit Saint, lumière éblouissante et chérie, tu dissipes nos ténèbres intérieures ; ceux qui sont purs, tu les rends plus purs encore ; c’est toi qui fais disparaître le péché et la rouille qu’il apporte avec lui.

Tu manifestes la vérité, tu montres la voie de la paix et celle de la justice ; tu fuis les cœurs pervers, et tu combles des trésors de ta science ceux qui sont droits. Si tu enseignes, rien ne demeure obscur ; si tu es présent à l’âme, rien ne reste impur en elle ; tu lui apportes la joie et l’allégresse, et la conscience que tu as purifiée goûte enfin le bonheur.

Secours des opprimés, consolation des malheureux, refuge des pauvres, donne-nous de mépriser les objets terrestres ; entraîne notre désir à l’amour des choses célestes.

Tu consoles et tu affermis les cœurs humbles ; tu les habites et tu les aimes ; expulse tout mal, efface toute souillure, rétablis la concorde entre ceux qui sont divisés, et apporte-nous ton secours.

Tu visitas un jour les disciples timides ; par toi ils furent instruits et fortifiés ; daigne nous visiter aussi et répandre ta consolation sur nous et sur le peuple fidèle.

Adam de Saint-Victor, Séquence pour la Pentecôte

L´Auteur :

Libermann (Vénérable François, 1802-1852)

François Libermann, fils d’un rabbin alsacien, baptisé à 24 ans au lendemain d’une conversion fulgurante, sera l’un des grands acteurs de l’évangélisation de l’Afrique, à travers la Congrégation du Saint Esprit qu’il relance en 1848.

Lallemant (Louis, 1588-1635)

Champenois, jésuite, Louis Lallemant sera le formateur à Rouen et à Bourges de ses jeunes confrères, notamment des martyrs du Canada et de mystiques tels que les Pères Surin et Rigoleuc.

Adam de Saint-Victor (1112-1146)

Chantre de Notre-Dame de Paris, Adam sera moine dans la célèbre abbaye de Saint-Victor, sur la montagne Saint-Geneviève (où se trouve actuellement le Panthéon). Ses hymnes et ses séquences liturgiques ont traversé les siècles comme les pièces latines les plus réussies de la poésie et de la musique médiévales.