Dimanche 25 octobre 2026

30e dimanche du Temps Ordinaire

Connaître Dieu par la foi

La foi fut la seule lumière dont il se servit, non seulement pour connaître Dieu dans ce commencement, mais il n’a jamais voulu depuis employer que la foi pour s’instruire et pour se conduire dans toutes les voies de Dieu. Il m’a dit plusieurs fois que tout ce qu’il entendait dire aux autres, tout ce qu’il trouvait dans les livres, tout ce qu’il écrivait lui-même lui paraissait fade en comparaison de ce que la foi lui découvrait des grandeurs de Dieu et de Jésus-Christ. « Lui seul, disait-il, est capable de se faire connaître tel qu’il est ; nous cherchons dans le raisonnement et dans les sciences comme dans une mauvaise copie ce que nous négligeons de voir dans un excellent original. Dieu lui-même se peint au fond de notre âme, et nous ne voulons pas l’y voir ; nous le quittons pour des badineries et dédaignons de nous entretenir avec notre Roi qui est toujours présent en nous.

C’est trop peu, continue-t-il, d’aimer Dieu et de le connaître par ce que nous en disent les livres, ou ce que nous en sentons dans notre âme, par quelques petites impressions de dévotion, ou par quelque lumière ; il faut vivifier notre foi et nous élever par son moyen au-delà de tous nos sentiments pour adorer Dieu et Jésus-Christ dans toutes leurs divines perfections, tels qu’ils sont en eux-mêmes ; cette voie de foi est l’esprit de l'Église et elle suffit pour arriver à une haute perfection. »

La Pratique de la présence de Dieu, Frère Laurent de la Résurrection, « Mœurs et entretiens du Frère Laurent de la résurrection »

L´Auteur :

Laurent de la Résurrection (1614-1691)

Né près de Lunéville, Nicolas Herman connut d'abord comme soldat les affres de la guerre de Trente Ans. Blessé à Rambervilliers en 1635, il décide de se consacrer à Dieu et entre comme convers au couvent carme parisien de la rue de Vaugirard, où il reçoit le nom de Laurent de la Résurrection. "Le Frère Laurent est grossier par nature et délicat par grâce", dira de lui Fénelon. Simple par son origine, son éducation et son caractère, sa spiritualité toute en rondeur et bonhomie va aux dernières conséquences d'un abandon irrévocable à la bonté divine. Il nous laisse peu d'écrits, mais sa personnalité incontestable fut un repère pour bien des âmes déchirées entre quiétisme et jansénisme dans le tout-Paris mystique de la fin du XVIIe siècle.