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Mardi 29 septembre 2026 Saint Michel, saint Gabriel, saint Raphaël, archanges L’ascenseur vers le Ciel Vous le savez, ma Mère, j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé sous les pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections ; mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Éternelle : Si quelqu’un est TOUT PETIT qu’il vienne à moi » (Pr 9, 4). Alors je suis venue, devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! » (Is 66, 12-13). Ah ! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme, l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n’ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. O mon Dieu, vous avez dépassé mon attente et moi je veux « chanter vos miséricordes. (Ps 89, 2) ». Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Manuscrit C, 3r
L´Auteur : Thérèse de l’Enfant-Jésus (Sainte, 1873-1897) Née à Alençon, étoile filante dans la nuit rationaliste de son siècle, Thérèse Martin n’est encore qu’une fillette hypersensible, brisée par la mort de sa mère, lorsqu’elle ressent à l’occasion d’un chagrin d’enfant durant la nuit de Noël 1886 toute la détresse de l’homme sans Dieu. Mais prenant appui sur cette faiblesse même, elle plonge au cœur de l’Amour miséricordieux, opérant d’un coup la révolution copernicienne qui caractérise sa « petite voie », dans laquelle va s’engouffrer la spiritualité contemporaine : « En cette nuit où Il se fit faible et souffrant pour mon amour, Il me rendit forte et courageuse, Il me revêtit de ses armes. » Entrée quelques mois plus tard au carmel de Lisieux, elle fera de cette impuissance le ressort de son union à Dieu, avançant de joie en joie dans les épreuves les plus rudes du corps et de l’âme, jusqu’à une mort pleinement vécue comme explosion de vie : « C’est dans les bras du bon Dieu que je tombe ! » ![]() |