Jeudi 17 septembre 2026

Saint Albert de Jérusalem

Confesseur évêque et martyr (+ 1214)

Donner, ou prêter ?

"Donnez à quiconque vous demande…" Donner à toutes celles qui demandent, c'est moins doux que d'offrir soi-même par le mouvement de son cœur ; encore lorsqu'on demande gentiment cela ne coûte pas de donner, mais si par malheur on n'use pas de paroles assez délicates, aussitôt l'âme se révolte si elle n'est pas affermie sur la charité. Elle trouve mille raisons pour refuser ce qu'on lui demande et ce n'est qu'après avoir convaincu la demandeuse de son indélicatesse qu'elle lui donne enfin par grâce ce qu'elle réclame, ou qu'elle lui rend un léger service qui aurait demandé vingt fois moins de temps à remplir qu'il n'en a fallu pour faire valoir des droits imaginaires.

Si c'est difficile de donner à quiconque demande, ce l'est encore bien plus de laisser prendre ce qui appartient sans le redemander… Il faut bien parfois demander les choses indispensables, mais en le faisant avec humilité on ne manque pas au commandement de Jésus, au contraire, on agit comme les pauvres qui tendent la main afin de recevoir ce qui leur est nécessaire, s'ils sont rebutés ils ne s'étonnent pas, personne ne leur doit rien. Ah ! Quelle paix inonde l'âme lorsqu'elle s'élève au-dessus des sentiments de la nature...

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897), Manuscrit C, p. 15-16

Méditation

Texte cruel ! Nous nous vexons si souvent quand on ne nous demande pas les choses poliment ! Mais un don fait sous ces conditions est-il encore un don ? N'est-il pas plutôt une récompense ?

Pire : quand on ne nous rend pas ce qu'on nous a pris ! Pire encore : quand on gaspille ce que nous avons donné !

Bien souvent, nos dons ne sont-ils pas en réalité un placement ? Un brevet de bonté que nous nous décernons ?

L´Auteur :

Thérèse de l'Enfant-Jésus (Sainte, 1873-1897)

Née à Alençon, étoile filante dans la nuit rationaliste de son siècle, Thérèse Martin entre encore adolescente au carmel de Lisieux. Plongeant au cœur de l'Amour miséricordieux, elle vit dans un joyeux abandon les épreuves les plus rudes du corps et de l'âme avant de conclure à 25 ans : "C'est dans les bras du bon Dieu que je tombe !"