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Vendredi 11 septembre 2026Le vendredi, un jour pour mieux se maîtriserEntre toutes les conditions requises pour bien jeûner, la première est qu'il faut jeûner de tout son cœur, c'est-à-dire de bon cœur, d'un cœur entier, généralement et entièrement. Comme ce n'est pas notre bouche seule qui a péché, mais encore tous nos autres sens, il est requis que notre jeûne soit général et entier, c'est-à-dire que nous fassions jeûner tous les membres de notre corps ; car si nous avons offensé Dieu par les yeux, par les oreilles, par la langue et par nos autres sens, pourquoi ne les ferons-nous pas jeûner ? Combien de péchés sont entrés en l'âme par les yeux ? C'est pourquoi il les faut faire jeûner, ne leur permettant pas de regarder des objets frivoles et illicites ; les oreilles, les privant d'entendre les discours vains qui ne servent qu'à remplir l'esprit d'images mondaines ; la langue, en ne disant point des paroles oiseuses et qui ressentent le monde ou les choses d'icelui. La seconde est de ne point jeûner pour la vanité, mais par humilité, car si notre jeûne n'est pas fait avec humilité, il ne sera point agréable à Dieu. Vous en trouverez qui veulent jeûner plus qu'il ne faut, et d'autres qui ne veulent pas jeûner autant qu'il faut. Qui fait cela sinon la vanité et la propre volonté ? La troisième condition requise pour bien jeûner est de regarder Dieu et de faire tout pour lui plaire. Si tu accomplis ton jeûne et toutes tes œuvres pour plaire à Dieu seul, tu travailleras pour l'éternité, sans te complaire en toi-même, ni te soucier si tu es vu ou non des hommes, d'autant que ce que tu fais n'est pas pour eux, et que ce n'est point d'eux que tu attends ta récompense. Saint François de Sales (1567-1622), Sermon du 9 février 1622
Méditation Dans la tradition chrétienne, le vendredi est jour de pénitence. La pénitence revêt plusieurs aspects : d'abord, une volonté de conversion, car depuis le péché originel, nous naissons porteurs d'un déséquilibre fondamental qui nous pousse à la recherche du plaisir pour le plaisir, que cette recherche passe par les yeux, par les oreilles, par la langue ou par nos autres sens. Pour retrouver le primat de la raison sur l'instinct, il nous faudra donc supprimer ce qui correspond à cette recherche indue. Dans la correction de ce déséquilibre, la pénitence a ensuite un aspect de réparation : au-delà de chaque personne, c'est l'ensemble de la famille humaine qui en souffre. Nos privations contribuent aussi à ce rééquilibrage, et font partie de ce que nous devons à la famille humaine. Enfin, au-delà d'un simple retour à l'équilibre, la pénitence correspond au choix d'une vie délibérément consacrée à la recherche du Royaume des cieux, où « l'homme spirituel » aura fini d'assumer « l'homme charnel ». Et là, quelle que soit sa vocation exacte, le chrétien ne se demande pas tant ce qui est permis ou défendu dans sa façon de vivre, que ce qui l'encombrera le moins possible dans sa consécration au Christ. L´Auteur : François de Sales (Saint, 1567-1622) Évêque modèle de la contre-réforme catholique, fondateur de la Visitation avec Jeanne de Chantal, saint François de Sales fut d'abord un maître spirituel aussi profond dans son enseignement "grand public" (Introduction à la Vie dévote et correspondance) que dans son Traité de l'Amour de Dieu, analyse magistrale de l'ensemble de la vie intérieure. ![]() |