Samedi 30 août 2025

Saint Fantin le jeune

Moine (+ 1000)

Un Dieu qui veille sur nous

Ne pensez point à ce que vous ferez et à ce qui vous arrivera ; abandonnez toute votre âme, votre esprit, et même votre corps dans le sein de la Divine Providence, et dans celui de l'obéissance, et même le soin de votre perfection, Notre Seigneur ayant plus d'amour et de soin pour nous que la mère la plus passionnée n'a de nourrir et élever son enfant. Oui, certainement, mes chères Sœurs, Dieu pense plus par le menu à nos nécessités pour petites et minces qu'elles soient, en a plus de soin qu'une tendre mère et nourrice ne fait de son petit qu'elle aime tendrement.

Sachez pourtant que la mesure de la Providence de Dieu sur nous, est la même que celle de la confiance que nous avons pour lui, et que son soin est d'autant plus achevé que notre abandonnement entre ses mains sacrées est plus parfait et plus entier.

Je ne veux pas que vous lassiez de travailler fidèlement à votre perfection, mais je vous dis seulement que les voies et les moyens d'y parvenir vous doivent être indifférents ; laissez-vous donc tourner, manier, et façonner, tout au gré du bon plaisir éternel, par la voie de l'obéissance, sans permettre à votre esprit de discerner ce qui lui est propre ou non, comme de penser : « pouvais-je bien faire cette charge ? » ou bien : « je ferais mieux l'autre ; je serais bien mieux avec cette Sœur, qui a plus de rapport à mon humeur qu'avec celle là ». Laissez tous ces discernements, pour vous laisser sans cesse à la conduite de notre Seigneur.

Sainte Jeanne de Chantal, Entretien spirituel 3

MÉDITATION

N’attendons pas les grands événements pour nous tourner vers Dieu : Dieu pense par le menu à nos nécessités pour petites et minces qu'elles soient. Chaque seconde de notre vie est porteuse d’une parole de Dieu, d’une parole d’amour, d’une grâce qui nous permettra de vivre l’instant présent dans l’union à Dieu. La vie chrétienne est cette broderie faite de milliers de petits points, et qui, une fois terminée, se révélera comme la figure du Christ.

La mesure de la Providence de Dieu sur nous, est la même que celle de la confiance que nous avons pour lui : nous pensons souvent à la volonté de Dieu comme opposée à la nôtre, et nous oublions que c’est la nôtre qui est opposée à la sienne. Or, c’est la sienne qui est la bonne, car lui n’est que bonté et amour, et il ne saurait vouloir autre chose que notre bonheur, tandis que depuis le péché originel, nous voulons ce qui ne nous rend pas heureux. C’est pourquoi le seul vrai progrès spirituel est de grandir dans la foi, la confiance, en ce Dieu bon, et c’est ainsi que peu à peu nous découvrons la bonté de sa Providence, là où un regard païen la voyait en opposition à nos propres projets et à nos envies.

Le chemin le plus court pour vivre dans cette confiance est ce que Jeanne appelle la voie de l'obéissance. Certes, elle parle à des religieuses qui ont fait vœu d'obéissance, mais toute vie chrétienne est appelée à vivre selon le bon plaisir de Dieu, et il y a déjà beaucoup à lui donner en acceptant les contrariétés quotidiennes, en supportant son prochain et en portant le poids des responsabilités familiales ou professionnelles.

L´Auteur :

Jeanne de Chantal (Sainte, 1572-1641)

Fille du président du parlement de Dijon, veuve inconsolable du baron de Chantal à 29 ans, mère de quatre enfants, la rencontre de François de Sales bouleversera sa vie : dirigée par lui intérieurement et extérieurement, elle deviendra la pierre angulaire de la Visitation, dont elle fonde les 42 premiers monastères.