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Mardi 3 novembre 2026
Relève-toi vite quand tu tombes !
Lorsque tu es tombé, si tu t’inquiètes, t’attristes et te sens porté à un je ne sais quoi qui te désespère d’avancer dans le bien, c’est un signe certain que ta confiance était en toi-même, et non pas en Dieu. Et si cette tristesse et ce désespoir sont grands, c’est que tu avais grande confiance en toi, et petite en Dieu. En effet, celui qui se méfie beaucoup de lui-même et met en Dieu sa confiance, ne s’étonne pas de tomber, et n’est ni triste ni amer, car il sait que cela lui arrive par faiblesse et manque de cette confiance en Dieu. Mieux : plus il se méfie de lui-même, plus humblement il met en Dieu sa confiance. Et parce qu’il déteste par dessus tout le désordre des passions, cause de sa chute, avec une grande douleur, mais calme et pleine de paix, pour avoir offensé Dieu, il n’en a que plus de détermination et de courage pour s’élancer à la poursuite de ses ennemis jusqu’à la mort.
Lorenzo Scupoli (1530-1610), Le Combat spirituel, ch. 4
MÉDITER LE NOTRE PÈRE
La confiance en Dieu est le tout de la vie chrétienne ; elle est le moteur de la foi, adhésion à la vérité de Dieu, mais d’abord à sa bonté et à sa volonté aimante. C’est la perte de confiance en Dieu qui a plongé l’humanité dans la peur, nos péchés pris un par un n’étant qu’autant de tentatives désespérées pour nous sauver du malheur et de la mort.
Remettons les choses en ordre : n’écoutons pas « le désordre de nos passions », c’est-à-dire nos envies animales laissées à elles-mêmes et qui ne mènent qu’à un plaisir volatil ; mais retrouvons ce désir de Dieu qui ordonne toute chose au vrai bonheur de la vie éternelle.
Aucune chute sur ce chemin n’est fatale : c’est le désespoir du pardon, et non la gravité de la faute comme telle, qui rend le péché mortel.
VIVRE LE NOTRE PÈRE
Depuis le péché originel, nous nous méfions de Dieu. Aujourd’hui, au lieu de chercher à retarder, ou même à éviter, telle chose que j’appréhende (un rendez-vous désagréable, un travail ennuyeux, etc.) je m’y mets sans retard et avec bonne humeur.
L´Auteur :
Scupoli (Laurent, 1530-1610)
Né à Otrante en 1530, François Scupoli rencontre à Naples la fervente et jeune famille sacerdotale des Théatins, fondée à Rome en 1524. Il y entre en 1569, y reçoit le nom de Laurent, et y sera formé par saint André Avellin, avant d’être transféré à Plaisance, où il sera ordonné prêtre en 1577, puis à Milan, Gênes, Venise, et Naples. Accusé, sans doute à tort, d’un grave délit en 1585, il fut en disgrâce parmi les siens, jusqu’à sa réhabilitation au soir d’une vie dont on ne connaît guère que l’humilité et la discrétion.
Édité à Venise en 1588 sans nom d’auteur, le Combat Spirituel connut très vite un immense succès qui lui valut plus de 600 éditions dans toutes les langues jusqu’à nos jours. Son plus fameux lecteur sera saint François de Sales, qui ne s’en séparait jamais et en donnera une traduction française. Petit manuel de confiance absolue en la bonté de Dieu et de défiance envers soi-même, on y trouve déjà le secret du salésianisme : l’attention à la présence amoureuse de Dieu dans les moindres détails de la vie la plus ordinaire.
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