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Jeudi 8 octobre 2026La délivrance viendra de l’abandonC’est une vérité que nous ne perdons jamais la paix à proprement parler, que lorsque nous voulons autre chose que Dieu, nous retirant de l’humble et amoureuse soumission que nous devons avoir à sa conduite ; d’autant que Dieu, qui est auteur de paix, n’est jamais la cause de nos inquiétudes : nous en sommes la seule cause, lorsque notre volonté se détourne de ce parfait abandon. C’est notre nature qui veut avoir part à tout ce qui se passe, et s’y glisse si subtilement qu’il lui est avis qu’il n’y a rien de bon si elle n’y participe, et si elle n’y mêle son opération. C’est d’elle que nous viennent toutes ces pensées : que nous ne faisons rien qui vaille quand nous sommes privés du sentiment de nos actes, ou quand nous ressentons des contrariétés, violences, obscurités, impuissances, etc., parce que pour lors, elle n’a pas son compte. Au contraire, l’esprit s’attache à Dieu seul, et c’est de lui que nous vient cette pensée toute d’amour, que ce qui n’est pas Dieu ne nous est rien. Quant à la confiance en Dieu, vous devez forcer votre esprit en cet état de mort, de ne la jamais perdre en la suprême partie de l’âme, dans laquelle il s’est retiré comme dans sa propre demeure. Et tout ainsi que vous devez avoir cette résolution de plutôt mourir que d’offenser Dieu sciemment et délibérément, aussi faut-il que vous soyez résolu de plutôt tout perdre, plutôt que la confiance et l’espérance en lui. Jean-François de Reims († 1660), Exercice de la présence de Dieu, II, V, 1
MÉDITER LE NOTRE PÈRE La tentation suit le péché, avons-nous remarqué. Certes, le tentateur existe, mais il n’a pas d’autre pouvoir que celui que nous lui donnons : nous ne perdons jamais la paix à proprement parler, que lorsque nous voulons autre chose que Dieu, nous retirant de l’humble et amoureuse soumission que nous devons avoir à sa conduite. Ce trouble de l’âme engendre parfois des états impressionnants de désolation intérieure et de quasi désespoir, auxquels Jean-François de Reims fait ici allusion en parlant d’« état de mort ». Mais là aussi la règle générale s’applique : Dieu n’est jamais la cause de nos inquiétudes, nous en sommes la seule cause lorsque nous nous détournons du parfait abandon à sa volonté. « Délivre-nous du mal » : nous demandons à Dieu de retrouver cet abandon, et avec lui la paix de l’âme et du cœur ; mais demander l’abandon, c’est déjà s’abandonner. Une fois encore, le Notre Père est pour remettre notre âme en ordre. VIVRE LE NOTRE PÈRE L’abandon à Dieu est la clef de toute la vie spirituelle, parce que l’abandon est le dernier mot de l’amour filial : « Père, je remets mon esprit entre tes mains ! » Arrivés à la fin du Notre Père, sa dernière demande résume toutes les autres, et nous introduit dans la paix de l’œuvre de Jésus parvenue à son accomplissement. L´Auteur : Jean-François de Reims († 1660) D’une famille d’hommes d’Église de Reims, Jean-François Dozet entre chez les capucins de Troyes en 1615. Disciple de Martial d’Étampes, il incarne avec lui le rôle considérable des capucins dans le renouveau mystique du XVIIe siècle français. Prédicateur et directeur spirituel en divers couvents de Champagne et de Paris, il eut un rôle important dans le gouvernement de sa province. ![]() |