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Lundi 31 mars 2025« Soyez dans la joie, exultez sans fin ! »Comme un écho de la joyeuse liturgie d’hier, la lecture du prophète Isaïe nous invite aujourd’hui à une joie sans limite, liée à l’avènement du Messie. Le péché a rendu notre monde infiniment triste, tandis que « notre Dieu est le Dieu de la joie » (saint François de Sales). Tout au long de l’Évangile, Jésus annonce cette joie messianique, constitutive de note espérance, « pour que notre joie soit parfaite » (Jn 15, 11) : Quelle est notre joie dont le Christ dit qu’elle deviendra entière, si ce n’est notre communion avec lui ? C’est pour cette raison qu’il avait dit au bienheureux Pierre : Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. La joie qu’il a de notre salut, joie qui a toujours été en lui quand il nous a vus d’avance et qu’il nous a prédestinés, cette joie a commencé à exister en nous quand il nous a appelés ; et cette joie par laquelle, nous aussi, nous serons heureux, nous l’appelons nôtre avec raison, mais cette joie qui est nôtre croît, et progresse, et tend vers sa perfection grâce à notre persévérance. Elle commence donc dans la foi de ceux qui renaissent, elle sera entière dans la récompense de ceux qui ressuscitent. Saint Augustin, Homélie sur l’Évangile de Jean En effet, Cette joie, ô Jésus, c’est votre félicité essentielle, et par conséquent c’est vous-même, ô éternelle et infinie félicité. Où que l’on se tourne une fois entré en vous, on y sera toujours dépassé par la joie ; on y nagera librement et en tous sens ; on pourra s’y abîmer à des profondeurs insondables. Et ce sera la joie des joies de confesser que votre joie à vous n’est aucunement mesurable, et que des milliers de millions de Créations, eussent-elles la joie divine dont la sainte âme du Christ est inondée, auraient à peine une goutte de cet océan de bonheur qui est votre vie, ô mon Dieu, votre nature et votre essence. Charles Gay, Élévation 65 Des fausses joies du monde à la vraie joie de Dieu, tout notre conversion de carême devient peu à peu un chemin de joie, de retrouvailles avec le « Dieu de la joie » : Qu’ils fassent donc demi-tour et qu’ils te cherchent, les hommes sans justice ni repos, puisque s’ils ont abandonné leur Créateur, toi tu n’as pas abandonné ta créature. Qu’ils fassent demi-tour, et voilà que tu es dans leur cœur, dans le cœur de ceux qui te confessent, de ceux qui se jettent dans tes bras et pleurent dans ton sein au terme d’un pénible parcours. Et toi, doucement, tu essuies leurs larmes, et ils n’en pleurent que davantage, et ces larmes sont des larmes de joie, parce que c’est toi, Seigneur, et non un homme de chair et de sang, oui, toi, Seigneur, qui les as créés, qui les as recréés, et qui les consoles. Et moi, où étais-je quand je te cherchais ? Tu étais devant moi, mais moi, je m’étais quitté et je ne me trouvais pas, et je te trouvais encore bien moins ! Saint Augustin, Confessions
L´Auteur : Augustin d’Hippone (Saint, 354-430) Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Son œuvre immense ouvre le Moyen-Age ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, elle domine la théologie et la spiritualité occidentales. Gay (Charles, 1815-1892) Figure exemplaire du retour à l’Église catholique des grandes familles bourgeoises après la Révolution française, Charles Gay sera évêque auxiliaire de Poitiers aux côtés du cardinal Pie.
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